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24 Février Melbourne-Geelong   118km 500mètres   Récup de la carte Navigation pour sortir de la ville

Réveil sans enthousiasme. Petit dèj sans appétit et je m'embarque vers des quartiers perdus de Melbourne pour essayer de retrouver la carte achetée il y a trois mois et qui déjà fait l'aller retour Melbourne Le Beausset. Grâce ne soit pas rendue au facteur qui a salopé son boulot. Les douze premiers kilomètres sont menés rondement.il faut dire que je voyage léger, les sacs sont restés à l'hôtel. Et puis je me perds. Il y a des endroits où je suis passé ...trois fois. Enfin j'y arrive et retrouve ma belle carte toute couverte de timbres. Retour à l'hôtel, presque dix kilomètres de moins qu'à l'aller. Belle erreur! C'est très curieux d'avoir le soleil au Nord et quand on regarde vers le soleil, l'Ouest est à gauche. De quoi se perdre. Je repars chargé cette fois. Tant que je suis en ville aucun problème. Après c'est chaque fois pareil. Les seules indications sont pour des voies rapides ou des autoroutes interdites aux vélos. Je visite les banlieues. La chaîne se met à boiter. Le régime de ces premiers jours ne lui a pas plu. Un des intérêts des banlieues est qu'on y trouve plus de boutique vélo que sur les autoroutes. Chaîne neuve. Et je continue. À partir de Werribee après bien des détours, je retrouve la "Princess Highway" qui bien qu'autoroute est ouverte à la circulation vélo sur la bande d'urgence. Quarante kilomètres avec un vent plutôt contraire. Les marins connaissent, de vent apparent bon plein on peut faire un vent de travers si on va assez vite. Il suffit de pédaler. J'arrive enfin à Geelong, extrémité Ouest de cette immense baie. Je suis à soixante kilomètres de Melbourne. Ce soir ce sera TexMex.

25 Février Geelong-Apollo Bay  130km 1000mètres Sortie de ville beurk Belle route de corniche: Great Ocean Road

Je traine un peu. Deux cafés "courtesy" dans mon motel, quatre macarons et je m'en vais sous un ciel gris. Pour l'instant je n'ai pas eu de ciel clair, en particulier les nuits. Quand verrais-je la Croix du Sud? Je pars de nouveau vers des banlieues où je me perds un peu. Difficile de se repérer sans soleil et dans une ville où les panneaux parlent d'endroits que je ne connais pas. Je m'en sors bien sûr et j'ai une première ligne droite de dix huit kilomètres jusqu'à Torquay. C'est à partir de là que commence la "Great Ocean Road". Route taillée à flanc des collines au dessus de la mer. Mer curieuse, puisque à l'horizon, plus de trois mille cinq cents kilomètres, on devrait voir le continent Antarctique. Cela explique peut être le manque de chaleur ici. La route est belle, succession de hauts et de bas, de falaises et de plages avec de temps en tant une petite station. Il y a peu de circulation et de toute façon la route a toujours une bande latérale cyclable. Je fais halte à Apollo Bay avec une étape camping. Comme j'ai enfin réussi à gonfler mon matelas, la nuit sera peut être meilleure qu'à Stratford!

26 Février Apollo Bay-Port Campbell  100km 1500mètres   Départ en côte chaud et difficile

Comme d'hab le réveil est sans enthousiasme. Du vent, des nuages. Plutôt que retourner au village pour petit dèj, je vais de l'avant. Sombre idiot! Le premier endroit à comestible sera à cinquante kilomètres, deux cols ou quatre heures de vélo. Mais je ne le sais pas encore. À peine parti, c'est l'attaque du col. Un collègue cyclo m'avait prévenu qu'il y avait une partie "steep". Il me semblait que c'était plus loin. En fait il y en avait deux. Premier col donc dans une forêt d'eucalyptus. Point remarquable, je suis en train de passer le cap Otway. Jusque là je longeais la mer de Tasmanie qui doit être un appendice de l'Océan Pacifique. Maintenant je vais longer les rives de l'Océan Indien. Descente au niveau de la mer. La boutique "café" est fermée. Il me reste un fond de chocolat et d'eau dopée. A l'attaque du deuxième col je retrouve des Marseillais rencontrés hier. D'autres viennent discuter avec moi. Comme solitaire en vélo, dès que je m’arrête, il y a du monde qui vient voir la curiosité ! Je repars. C'est plus long, plus haut et plus chaud. Les kilomètres défilent au ralenti. J'arrive enfin à Laver Hills et le choix du bistrot. Ce sera hot dog et une grosse bouteille de soda bien sucrée. Forme et moral remontés il me reste cinquante kilomètres pour rejoindre Port Campbell où j'espère faire étape. Je passe et admire les Apôtres. Monuments restés comme plantés en mer. L'attraction du coin. Spectaculaire, ce qui veut dire cohorte de touristes et navettes incessantes d'hélicos et d'avions. Je photo et je passe. A Port Campbell je trouve un B&B et un taulier sympa. Reste à me retaper. Je tente une recette au camembert avec un verre de vin rouge. Le camembert est juste fondu sur du blanc de poulet. Pas mal, je copie la recette.

27 Février Port Campbell-Mortlake  87km 700mètres   Vers le Nord, vent et canicule

Petit dèj du bout des lèvres. Café et deux toasts beurre miel. Au lieu de partir le long de la côte, je me décide pour un itinéraire "par l'intérieur". Quelques bosses qui me font mieux connaître les us et coutumes des mouches. Elles sont vraiment envahissantes et quand je roule à moins de dix douze kilomètres par heure elles se posent sur moi et me testent. Genre pique nique pour elles. Vu mon chargement, la moindre montée leur permet de prouver leur tendresse à mon égard. Quant à moi, c’est une main guidon, une main chasse mouche. Sans oublier de bien garder la bouche fermée. Cela limite la respiration mais évite de trop en avaler. En même temps la chaleur monte. Rien à dire, c'était annoncé. Arrivé à Cobden, fini les collines, et l'air du bord de mer. J'aborde une plaine quasi plate. La chaleur s'est installée ainsi qu'un fort vent. Malgré le plat, les kilomètres sont très durs à gagner. À Terang je fais un plein limonade et hot dog. Je décide quand même de continuer. Morne plaine. Il n'y a que un ou deux vagues cônes résidus volcaniques pour rompre le plat. Rien pour masquer le vent et la chaleur. J'ai mesuré quarante degrés et une consommation de plus d'un litre d'eau pour les vingt kilomètres qui me séparaient de Mortlake, et où je jette l'éponge. Si j'ose dire. Ce soir ce sera pizza, dans une boutique sans licence, ce qui veut dire accompagné de Schweppes "Traditional Brown Cream Soda".

28 Février Mortlake-Avoca  162km 800mètres  Bon vent, belles routes, pas trop chaud, le top

Comme souvent, le petit dèj est à peine petit. Deux cafés poudre, deux minuscules cookies. Il fait gris. En principe, il y a alerte incende maximum sur les Granpians. Je n'y irai pas. Me voila parti avec un bon vent qui cette fois m'aide. La route est plate, la route est droite à perte de vue. Il reste deux ou trois cônes résidus volcaniques qui marquent un peu la plaine. L'un deux doit s'appeler Ararat et a donné son nom à la ville sise à ses côtés, ou réciproquement. Au loin je vois le massif des Granpians. Il doit probablement s'agir d'un résidu volcanique plus important que les autres et qui n'a pas encore été réduit par l'érosion. Cela ressemble beaucoup aux Sierras des déserts de l'Ouest Américain. Sauf que les Granpians sont bien seuls, pas bien hauts  et il n'y a plus d'autre montagne vers l'Ouest avant la mer qui est à trois mille kilomètres du côté de Perth! A partir d'Ararat, le paysage change complètement. Le vent reste mon allié. Cette fois je passe entre des montagnes. Même modestes, elles agrémentent mon parcours. Je passe même un petit col. Un peu plus loin il y a un "Ben Nevis", puis je longe les "Pyrenees Range". Je suis d'ailleurs dans le "PyreneesShire". Je vois qu'on y fait du vin. Je vais tester ce soir. Sans problème, j'arrive à Avoca, terme de cette longue étape. TBone pour tester le vin. Ce ne sera pas un grand souvenir. Il fait beau ce soir, j'ai peut être enfin la chance d'avoir un ciel étoilé...

1er Mars Avoca-Bendigo  111km 600mètres   Pas grand chose

Si peu à dire que j'en ai oublié mon compte rendu quotidien! Le soir j'ai essayé de faire ma propre cuisine avec des lyophilisés. Beurk, il faut vraiment avoir faim.

2 Mars Bendigo-Shepparton 128km 200mètres   De nouveau pas grand chose

Longues routes droites et plates. Jusqu'à Elmore avec le vent, ensuite, quatre vingt kilomètres avec le vent plutôt contre. Heureusement pas bien fort. Il n'y a pas grand chose à voir à part quelques troupeaux de vaches ou de moutons et quelques oiseaux. Et c'est vaste. J'ai profité d'un bureau de poste pour offrir une croisière bateau à quelques affaires qui sont désormais plus encombrantes qu'utiles. Dans trois mois -peut être- au Beausset! Et j'arrive à Shepparton, probable capitale de la vache et je le prouverai par mes photos. Hôtel et taverne Irlandais seront mon refuge, et demain ce sera sûrement d'autres lignes droites! L'incertitude reste le vent qui raccourci ou rallonge les kilomètres. Bon repas accompagné de bière of course. Retour à ma chambre, un petit entretien du vélo me fait découvrir ma roue arrière voilée. Voilà qui risque de changer mes projets pour demain.

3 Mars Shepparton-Tocumwal  92km 300mètres  Rien, deux lignes droites plates balayées par le vent

Dès debout, café pris quand même, je pars à la recherche d'une boutique vélo. Quand je reviens chercher mon vélo, le réparateur me montre la jante fautive qui commence à se défoncer (arrachement en sortie de quelques rayons). Il a donc fallu changer toute la roue. Ceci fait, je prends la route vers le Nord. Contre le vent qui a été annoncé très fort, et qui respecte ses engagements. Terrible. En fait l'itinéraire est ultra simple. Deux lignes droites de quarante cinq kilomètres tout à fait plates. Que dire? Rien, sauf que cela fait pédaler en baissant la tète, ce qui m'a permis de repérer la pièce de deux dollars qui traînait par terre. Ce sera le seul évènement du jour. Un petit tour de la situation météo. Pas loin vers le Nord, c'est chaleur et fort vent du Nord (sorte de Sirocco). Pour le vélo ce n'est pas drôle, et partout c'est alerte feu maximum. Les feux ont d'ailleurs repris dans la région de Melbourne. Au dessus de moi le ciel est complètement couvert de nuages sableux. Promesse pour demain. Côté Queensland au Nord c'est inondations généralisées et il faudra plusieurs semaines avant le retour espéré vers des conditions plus vivables. 22h: il fait chaud, je ne dors pas. Dehors c'est tempête, dans la chambre je respire le sable. Je vais finir silicosé.

4 Mars Tocumwal-Urana  124km 200mètres    Plat, crevaison, fort vent pour

La pluie et le vent ont tout nettoyé pendant la nuit et mon sommeil, il fait beau. Je vais m'acheter un petit sandwich spécial breakfast pour accompagner mon café. Et en route. Vent pour, la route est belle, l'horizon sans fin. Sauf que j’ai droit à une crevaison. En réparant je crois m'être assis sur une araignée rouge. Pas piqué. Je repars. Il y a plusieurs pointes d'épine dans le pneu. Un peu plus loin de nouveau à plat. Je regonfle et tente de rejoindre Jerilderie en regonflant de temps en temps. Je démonte, trouve le trou, à coté de celui que j'ai réparé. Je préfère mettre une chambre neuve. Je remonte, et probable je "pince". J'en suis pour un troisième démontage. Autant dire, le bonheur. Je répare et cette fois cela a l'air bon. Un peu d'internet pour faire changer mes dates de retour. C'est décidé, cinq semaines me suffiront pour cette expérience Australienne. Malgré le temps bien avancé je me décide à tenter les soixante kilomètres qui me séparent du prochain endroit où je peux espérer des services. J'hésite à peine, le moindre problème et c'est le bivouac assuré. Le vent est très fort et résolument il cherche à se faire pardonner les misères de hier. Soixante kilomètres, deux heures. Jamais si vite fait avec un vélo chargé! Je n'ai même pas le temps de voir le paysage. De toute façon, il n'y a rien à voir. Comme me l'a expliqué Bob, le tôlier Canadien du motel de cette nuit: c'est "flat". J'arrive bien vite à Urana avec enfin le plaisir de voir deux kangourous qui bien sur traversent bêtement la route.  A Urana, bled perdu au milieu de nul part, ce sera une cabine où je tente de me faire un peu de cuisine. Abominable! Je me force quand même par devoir.

5 Mars Urana-Wagga Wagga  115km 400mètres   Sans histoire, vent pour, cela sent le Piedmont

Dans ma cabine, je me bricole un puis un deuxième café. Je traîne un peu, et j'y vais. Je fais aussi une inspection des pneus. Bonne idée, il y avait un bout d'épine planté et bien caché dans la roue arrière. Il fait beau, presque frais et le vent est toujours soutenu. Ayant beaucoup à se faire pardonner, il est amical et va me pousser. Je fais ainsi quatre vingt dix kilomètres sans les voir et aussi sans grand chose à voir. Tout droit et "flat". Il y a bien un "Rock" sur l'horizon, probable résidu d'un cône volcanique. Les Australiens en ont fait un parc national. Le "Rock National Reservation". A Collingulli je fais là aussi par devoir une étape gastronomique. Hamburger et Schweppes. Il me reste vingt cinq kilomètres  sur un terrain un tout petit peu varié pour rejoindre Walla Walla. Parmi les faits du jour: J'ai croisé un cyclo randonneur, le troisième depuis mes débuts à Sydney. Soit un par huit cent kilomètres, ou aussi un par semaine. Les mouches qui sont d'une curiosité sans relâche à mon endroit. Encombrantes. Et tristement, beaucoup de kangourous morts au bord de la route.

6 Mars Wagga Wagga-Tumut  106km 1100mètres   Approche de la montagne

Petit dèj double détente. Café dans ma chambre suivi de café bacon and eggs au bistrot internet. J'y vois que mon dossier voyage retour est OK. Mon escapade Australe se terminera le 18 Mars. Soit cinq semaines. Pour l'instant, il fait super beau, un peu frisquet quand même le matin. Le départ est facile sur une grande route, les "shoulders" sont là et permettent une progression sans angoisse. Petit à petit le paysage se transforme. De plat il devient collines et bientôt de vraies côtes. Pas facile, surtout avec le chargement. D'autant qu'elles sont parfois annoncées "steep". Et c'est bien agréablement, au mal de jambe près, que j'arrive à Tumut, sorte d'entrée au Kosziusko park sur la Snowy Highway. Ce soir sera Royal Motel, T-Bone, et VB, une des bières Australienne Et le taulier voit tout de suite qu’il a à faire à un authentique Aussie quand je commande bravement une « ViBi » !


  

12 Février Grand départ   Le Beausset Nice avec un petit accrochage de voiture dès le départ. Bravo pour un départ serein.

Embarquement à Nice. La sécurité retrouve mon couteau au fond du sac. Pas drôle du tout. Il faut que je le mette en consigne pour le reprendre à mon retour. Décollage particulièrement secoué. Pas de chance pour la vue sur les Alpes cette fois. La suite est un empilement de retards et de salades. À Bangkok, "on" a pris soin de mes bagages à main pendant que j'étais sorti au cours de l'escale! Pour des raisons de sécurité... Le sac est retrouvé, quid de ma veste et de mon bouquin? Bof, tout rentre dans l'ordre, sauf les retards. Ce sont des experts dans la création d'excuses. Par exemple qu'il aurait fallu dégivrer l'avion à Londres, alors qu'il pleuvait comme vache... C'est parti pour une nouvelle nuit à bord et un vol  de 8h30 et 7500km. Le retard se confirme, malgré un vent très fort -le plus souvent- en altitude, parfois plus de 170km/h. Çà secoue, mais l'avion fait des pointes à plus de 1100km/h. Le survol de l'Australie est inquiétant. Toujours inquiet, l'année dernière c'était les déserts que j'envisageais de traverser. Cette fois, c'est une couverture nuageuse généralisée. L'arrivée est sans histoire, je vois la ville immense  et le fameux opéra de Sydney. L'avion se pose comme un caillou. Ce n'est pas la manœuvre qui a permis récemment de poser un Airbus sur Hudson River à New York. Il n'y a pas de dégât apparent sur le paquet vélo, sauf le pédalier qui a fait son trou en crevant le carton et qui dépasse. Bien installé sur l’esplanade le remontage est fait sans trop de problème.

14 Février Sydney-Wollongong  92km 1100mètres   Faux puis vrai départs

Quand je veux partir, un pneu, le pneu arrière bien sûr, est crevé. Ce sera un petit report. Pas de problème d’itinéraire, enfin pas beaucoup. C'est une grande ville. Çà frôle en ville et le roulage à gauche ajoute du stress. C'est surprenant de se faire frôler à droite. Pas l'habitude. Par la gauche c'est plus habituel sans être pour autant un plaisir. Par contre j’ai droit à du crachin qui se densifie et je snobe bêtement toutes les possibilités de ravito. Stupide. Il va falloir que j’apprenne à vivre dans ce pays. En gros saisir les opportunités. La suivante risque d’être (très) lointaine. J'ai de belles routes avec souvent des pistes cyclables. Mais aussi beaucoup de côtes et bientôt du brouillard. Le brouillard est épais et les côtes sont raides. Jeu de montagnes russes et de véritables cols pas loin de la mer. Par beau temps cela doit faire de beaux paysages. Mais aujourd’hui je peux pratiquement saisir le brouillard à la main. Deux fois, trois fois je cherche à m'arrêter mais les motels sont fermés ou pleins. De toute façon, ils sont rares et pas indiqués, il y a peu de villes ou villages. C'est assez difficile d'avoir des infos. L'anglais Australien se mérite. La pluie se renforce encore. Je suis sous une vraie soupe et il me reste plus d'une heure avant d’arriver au prochain lieu habité. Arrivé à Wollongong, je vois vite que je vais avoir un problème de logement. Il y a une espèce de championnat avec des centaines de participant et beaucoup plus d'accompagnants. Très motivé pour éviter une nuit sommaire, je visite tous les hôtels et motels du coin. Sans succès. Enfin je trouve le camping bien loin de la ville et monte la tente dans le vent, la nuit tombante et sous la pluie. Sans envie, je ressors quand même pour trouver dans une station service quelques calories sous forme de chocolat et de chips, et boire un peu, du coca. Bien maigre pour fêter ma première soirée en Australie. Enfin je me glisse dans mon sac de couchage pratiquement complètement habillé avec en plus mon K-way. Pas besoin de somnifère, le décalage horaire n’a aucun effet sur mon sommeil.

15 Février Wollongong-Nowra  85km 900mètres   Départ sous la pluie

J'ai dormi de plomb d'une seule traite. L'épuisement vélo est un super remède contre le "jetlag". Je vais breveter. Par contre c'est la pluie qui tambourine sur ma tente et qui me réveille. Je traine un peu dans ma "couette", et puis il faut bien y aller. Je fini mon coca avec deux carrés de chocolat qui me restent. Ce sera mon petit dèj. La tente est pliée mouillée. J'enfile mes chaussures... Mouillées. Burk. C'est parti. Les footballeurs -plutôt une sorte de rugby- sont déjà en action. Un peu plus loin il y a une course de natation dans les vagues. Je profite de l'organisation pour me payer un deuxième déjeuner. Un vrai cette fois: sandwich œuf jambon et café. Il continue de pleuvoir. Il me reste à retraverser la ville, passer l'énorme zone industrielle dédiée à une aciérie. Avec un peu de chance pour ceux qui y travaillent elle n'appartient peut être pas à Mittal. Genre de Fos avec port, etc. Pas très simple de trouver ma route. Il y a bien l'autoroute, sans problème d'itinéraire mais ce n'est pas pour moi. La pluie n'arrange rien et je dois complètement m'emballer. Je me demande même si me mettre dans un sac poubelle ne serait pas le mieux. Le parcours est en montagnes russes dans la forêt d’eucalyptus. Bien que courtes, les côtes sont très dures, surtout avec mon vélo chargé.  Le temps a l’air d’aller vers le mieux: bien que le ciel reste complètement couvert il ne pleut plus.  Mais je suis toujours en manque de paysage. Ni côté mer, ni côté montagne. Un peu frustrant. Pour rouler, j’ai droit à une « Highway » bien aménagée pour les vélos : en clair la bande latérale est bien propre et signalée comme cyclable. En outre chaque croisement est particulièrement fléché. J’achète aussi une carte routière un peu détaillée. Au lieu de un centimètre de carte pour quarante kilomètres, j’ai une description un peu plus détaillée. Un centimètre pour seize kilomètres ! Je vois un peu mieux ce que je fais ou ce que j’ai à faire. Je me bouscule pour arriver jusqu’à Nowra et un B&B sympa. Je trouve aussi des cartes touristiques qui vont bien m’aider pour la suite Un repas dans un restaurant Thaï va me permettre de refaire un plein de calories bien mieux présentées que la veille.

16 Février Nowra-Batemans Bay  127km 1200mètres   Départ vers du temps meilleur

J'ai eu un peu de jetlag pour m'accompagner cette nuit. Cela m'a permis d'entendre quelques averses. On verra plus tard. Etape sans histoire. De la grand route avec presque toujours un espace protégé sur le côté. En gros, sept heures de forêts et un ou deux bleds en route. Vu le mal que j'ai sur ce parcours, je me fais bien du souci sur le programme à suivre. Seule chose remarquée en route: les oiseaux. Malheureusement je les entends sans les voir. Et aussi, avec le retour du soleil les cigales se sont réveillées.

17 Février Batemans Bay-Cobargo  112km 1600mètres   Bell birds et 1ers kangourous

Je me lève (relativement) tôt. Je n'ai pas encore récupéré le décalage, cela m'offre une grasse mat dès quatre heures du matin. Le petit dèj n'est pas à la hauteur du prix. Dès huit heures je suis sur mon vélo. Pour me tester, j'espère une bonne journée. En fait, je vais rester toute la journée - comme les jours précédents d'ailleurs- sur la "Princess Highway". Il y a un peu de trafic avec des camions et des caravaniers. Chance, il y a presque toujours une "zone de service" qui est cyclable et assez à l'abri des motorisés. Le profil reste très montagnes russes. Les descentes sont un régal, les montées un calvaire avec ce vélo très chargé. Calvaire épuisant. En route, je vois mes premiers kangourous. Ils ont peur et la photo sera lointaine. Plusieurs fois, je passe dans des zones colonisées par de curieux oiseaux, des "Bell birds". J'ai vraiment l'impression d'être dans une chapelle au moment des matines ou de l'appel pour les vêpres. Je les entends mais ne les vois pas! J'ai essayé de les enregistrer, il faudra me croire. À part cela, pas grand chose et bien rétamé, je suis heureux de trouver un gîte à Cobargo. Je crois que les quarante kilomètres qui me restaient à faire pour atteindre Bega auraient été l'enfer. Le test du jour me confirme que je suis très loin d'une bonne forme.

18 Février Cobargo-Eden   98km 1400mètres    Sept heures sous la pluie

La pluie annoncée est bien là. J'ai du mal à sortir de dessous ma couette. Je reste ou je me secoue? Petit dèj pas terrible. Horreur de déchets plastiques: cafés, sucres, laits, beurres, confitures, jus de fruit, fruits en sirop. Il n'y a que le corn flakes qui est dans un petit carton. Je me décide à partir, sous emballage plastique moi aussi. Je me console en me disant que le mien au moins c'est du réutilisable. Je roule sous la pluie sans chanter. Pas vraiment drôle. Route dans la forêt, sorte d'eucalyptus, avec encore et encore ces montagnes russes si pénibles à parcourir. Au bout de trois heures j'arrive à Béga, l'étape envisagée pour hier. Bien connu, en Australie du moins, pour son fromage, je ne m'arrête pas pour la visite. Une autre fois peut-être? J'ai abandonné sans regret l'option par la montagne. J'avais très envie d'aller vers le mont Koziusko, sommet de l'Australie avec ses malheureux 2200 mètres. C'est par là qu'il doit y avoir les pistes pour la "Kangourou Loppet", marathon des neiges en ski de fond. Difficile d'imaginer que pas bien loin d'ici, sur l'autre versant, ils n'ont pas encore maîtrisé les feux de brousses. Comme je suis trempé mais pas gelé, je continue pour Eden. Cette fois j'ai droit à plusieurs fortes chutes d'eau. Jusque là, ce n'était que des rincées. Même le compteur est noyé. Près de quatre heures de ce régime pour arriver à Eden, la bien nommée. Triste étape. Il y avait bien deux kangourous dans un champ, et souvent les bellbirds ont essayé d'animer le parcours. C'est quand même mince. Mes affaires sont à tordre, répandues autours de moi dans ma chambre. Et dehors la pluie forte n'arrête pas. Maigre consolation, le matériel est tip top. Ce que j'avais sur moi est à tordre. Tout le reste est sec et bien chaud, j'ai même une tenue complète si je veux repartir demain. Au moins les kilos que je traîne me sont utiles.

19 Février Eden-Cann River   114km 1400mètres   Enfin du beau temps

Je tourne un peu en rond avant de petit déjeuner. Les affaires de hier sont encore mouillées. Je les répartis sur mes sacs et sacoches, le plus à l'air possible. Pour les chaussures, je les enfile encore humides. Ma deuxième paire n'est pas vraiment vélo. Le temps a l'air d'être au beau, mais je n'ai pas une grande confiance. Petit breakfast pris, j'y vais. J'enclenche direct le jeu des montagnes russes. Descente raide suivie d'une montée... Raide. Ce sera le scénario pour les quatre heures à venir. Pratiquement jusqu'à Genoa, première halte éventuelle. Bof, je continue. Grosse montée à suivre. De toute façon, c'est le régime. Je quitte l'Etat du New South Wales pour aborder celui de Victoria. Reine ainsi honorée et qui n'y a jamais mis les pieds. Par contre je n'ai pas quitté les forêts. Le terrain est un peu plus facile malgré un vent assez fort de face. On ne peut pas tout avoir. Les kilomètres défilent à petit rythme. Pour les experts je dois faire une moyenne point à point de l'ordre de 13/14 kilomètres/heure. Armstrong n'a rien à craindre. Il me reste encore un col à passer, le Mount Drummer à 361 mètres. Avec le soleil et les eucalyptus cela me rappelle un peu le vélo en Corse. J'arrive enfin à Cann River qui est un village (?) de 2 stations services, 5/6 motels et un petit supermarché. Le premier motel fera l'affaire.

20 Février Cann River-Nowa Nowa  116km 1200mètres Beau temps et routes plus faciles

Hier soir, j'ai perdu une heure d'internet. Tant pis pour le message et la monnaie. Je réessaie avant de partir. Cela à l'air de marcher, bien que boiteux. Il fait de nouveau beau et j'enfourche la monture, toujours aussi lourde. La première partie du parcours est encore une fois en forêt. Il y a aussi, encore et toujours des côtes. Moins raides que les jours précédents mais plus longues. Je m'y épuise beaucoup moins. Il n'y a toujours pas grand chose à voir. Un eucalyptus çà va, dix ou cent ou même mille, pourquoi pas. Mais des millions! A Orbost je croise mon premier cyclo. Enfin! Werner est Suisse mais depuis longtemps en Australie. Il fait un tour complet de l’Australie en plus d'un an si j'ai bien compris. Ce que j'ai bien compris, c'est que sa femme l'accompagne en voiture ou camping car. Comme il fait beau, que les jambes ne sont pas mortes, que le terrain est devenu beaucoup plus facile, je me décide pour quelques kilomètres de plus. Il semble qu'à Nowa Nowa il y ait à se loger dans un coin pittoresque. Pas déçu. Cela me fait penser à la ville fantôme que j'avais trouvée aux fins fonds du Nevada l'année dernière. Et le patron m'offre illico une bière.

21 Février Nowa Nowa-Stratford 117km 700mètres  Longues routes et pas grand chose

Après un petit dèj apporté par la taulière, j'enfourche la mule, toujours aussi lourde. Départ en côte. Ce sera quasiment la seule grosse montée du jour. Comme d'hab, il n'y a pas grand chose à voir. À Lakes Entrance, c'est le nom de la ville, je m'arrête chez un cyclo qui me donne de bons tuyaux. En particulier il m'indique une belle piste qui me permettra de m'échapper de la Princess Highway. Un hamburger pris à Bairnsdale me fera le plein pour aller jusqu'à Stratford où je décide de m'arrêter et de planter ma tente. C'est tout! Stratford est traversé par une rivière qui s’appelle bien sûr…l’Avon. Et la ville a son festival Shakespeare. Shakespeare qui est natif comme le sait tout bon anglais de Stratford upon Avon. Tout le long de ma route je vais ainsi rencontrer des références aux racines Britanniques en particulier mais aussi Européennes en général.

22 Février Stratford-Leongatha   149km 1000mètres    Enfin du plaisir en vélo et de beaux paysages

Dormi sous ma tente comme ci comme çà. Bref, pas terrible. Au matin, brouillard. Pas drôle en général. Pour le vélo sur le Highway, encore moins. Bof je rallonge, et puis je remballe tout, et puis je retourne vers la ville en chasse d'un café. Ce sera dans une "bakery", un grand capuccino accompagné d'un grand donut/jam. Cela suffit pour me caller et laisser le brouillard un peu se dissiper. Cette fois c'est parti. Hypersimple. Tout droit, tout plat et vent favorable! Toute proportion gardée, je fonce. Sale est passée, puis Rosedale, puis Traralgon. Il y a là un office du tourisme et un accès internet. Un peu comme aux US, mais c'est payant. Chacun son idée des services publics. J'en profite pour faire un point courrier et je repars. Cette fois jusqu'à Morwell où je fais un petit stop calories. Sandwich poulet. Calories sans plus et du coca pas light. Calories encore. Là je quitte enfin cette Princess Highway qui est mon bitume quasi depuis Sydney. Et tout de suite, changement de décor. Très chaud d'abord, vallonné et enfin des paysages. Les côtes arrivent, les kilomètres sont désormais mérités. J'arrive bientôt sur les restes d'incendie. D'ailleurs la principale circulation vient de véhicules de pompiers ou de sécurité. Les incendies ont beaucoup l'air de "circonstance". Il y a des écobuages et aussi quelques parties de forêts qui une fois brûlées vont permettre d'agrandir des parcelles. Belle route néanmoins qui me mène à Leongatha où je fais étape. Motel sympa, pates bolognaises et grosse lessive. Dodo dans un lit cette fois!

23 Février Leongatha-Melbourne   143km 800mètres   Beau début, galère de banlieue, dur pour trouver un hébergement

Après un bon petit dèj j'embarque tout. L'arrière ressemble à un sèche linge sur les sacoches, résultat de la lessive qui n'a pas fini de sécher. Je pars sur des petites routes d'arrière pays, bien vallonnées ce qui offre de belles vues. Il va faire chaud! J'arrive bientôt à la première grande baie, Western Port. Celle où il y a French Island. Il doit y avoir là une sombre histoire entre Anglais et Français. Sagement, à Tooradin, je fais un break calories et liquide. Il fait vraiment très chaud et je vais avoir un fort vent dans cette partie qui ressemble beaucoup à la Camargue. Mêmes les taureaux et les vaches sont noirs dans des champs désespérément plats et grillés. Pour échapper à la Highway, je me lance vers une route de traverse. Mauvaise pioche. Plein vent et surtout, plus de bas côté cyclable. Purgatoire. Il y a même quelques côtes dont une passée avec un cagnard mesuré à 41° du côté de Baxter. Cela me rappelle pas mal de souvenirs. Je "plonge" enfin sur la baie de Melbourne. C'est une vraie baie, genre rade de Toulon ou baie de San Francisco, mais à l'échelle Australienne, on ne voit pas les côtes en face qui sont à plus de cinquante kilomètres. Plutôt mer intérieure que baie ou rade. Je me propose d'avancer un peu plus vers Melbourne. Pas de chance. Ce n'est pas simple de suivre la côte. Deux ou trois fois je me trouve perdu dans des villes immenses, je ne savais même plus où était la mer. À partir d'un moment je me décide à m'arrêter. Pas de motel, ni même de camping alors que je suis de nouveau sur une route en bord de mer. Ni démoralisé, ni crevé, je roule. Et finalement, c'est dans Melbourne que je trouve quelque chose après bien des hésitations! Malgré la chaleur du jour, le sèche linge plein vent n'a pas suffit. C'est mes affaires "de ville" encore humides que je dois enfiler pour aller diner.



  
Australie 2009  Février-Mars 2009

Jeudi 12 Mars Sydney-Wentworthville Merdier citadin  Quelques soucis à l'aéroport. Je laisse mes bagages pour essayer de trouver un carton à vélo. Je trouve le carton et à mon retour toute une troupe de sécurité autour de mes bagages. Je me fais gronder mais échappe à la contravention (500$ semble t'il). Je pars dans ma grosse Toyota. La seule à accepter ce gros carton. Belle navigation pour sortir de la ville malgré un très gros bouchon du probablement à un accident. Bien content de trouver un F1 pour enfin me reposer un peu

Vendredi 13 Mars Wentworthville-Penrith Zoo animaux du coin  J’avais un peu espéré du rafting et une visite d’un centre culturel aborigène. Ce sera non au rafting, parait bien compliqué. Et non au Centre Culturel Abo, il n’y a vraiment pas grand chose. Je pars donc vers les Blue Mountains avec néanmoins une petite visite au zoo de Featherdale. Un tourist office attire mon attention sur Katoomba où je devrais passer demain. Bonne idée.

Samedi 14 Mars Penrith-Dubbo Un peu de culture, vers Outback  A Katoomba, je vois une Vidéo sur les BlueMountains et quelques uns de ses secrets. À la porte d'une ville de 4Millions d'habitants, il y a une forêt dont certains endroits n'ont jamais été explorés et où on a découvert des arbres qu'on croyait perdu. Ensuite je peux voir un Spectacle aborigène, où je suis même invité à danser. Avant de repartir je fais un détour pour admirer les points de vue Belles vues sur les trois sœurs et le massif des Blue Mountains. Je pars ensuite vers Dubbo. 200 kilomètres de hauts plateaux et descente vers l'outback. Les BlueMountains étaient falaises, forêts épaisses et millénaires, rivières cascades et torrents.  Maintenant ce sont hauts plateaux complètement en cultures et élevages. Sans oublier les kangourous martyrs. Je parcours des espaces immenses très vite plats et où il n'y a que d'énormes (en surface) fermes que l’on ne voit pas. Dubbo ville morte : en clair, il n'y pratiquement rien à voir! Effet Samedi soir tout est aussi éteint ou désert que tout ce que j'ai traversé.

Dimanche 15 Mars Dubbo-Lithgow  Outback et retour  Je m'avance encore un peu vers l’outback pur et dur. Très vite je renonce. Intérêt quasi nul. Nouvelle étape à Lithgow cette fois après une journée entièrement voiture. Seul évènement, un flic m’a fait souffler dans un alcotest. Je crois qu’il s’ennuyait autant que moi. On a donc un peu discuté ensemble. A Lithgow, je trouve un bistro qui fête la St Patrick avec les Irlandais du coin. J’honore avec une pinte de Guinness. Pour le reste, triste soirée.

Lundi 16 Mars Lithgow-Sydney  BlueMountain et la ville  Un peu de marche vers les points de vue. Belles falaises et des forêts très épaisses dans tout le canyon. Visite (rapide) des installations Olympiques de Sydney (2000?), impressionnant. Ensuite, c'est le merdier citadin comme d'hab, je traverse même deux fois le harbour bridge. Finalement, ce sera deux nuits dans un F1 près de l'aéroport.

Mardi 17 Mars Sydney  la ville  Je profite de cette dernière journée Australienne pour un peu de visite de la ville. Point de vue depuis la tour « Sydney Tower », à 270 mètres au dessus des rues, harnaché comme si je faisais de l’escalade. Un peu du « Sydney Opera" avant la visite du Sydney Wildlife et du Sydney Aquarium. Touriste lambda.

Mercredi 18 Mars Vers Londres et Nice   Emballage final et survol  Dernier acte de ce voyage : les vols en avion. Avec le beau temps, le survol d’abord des BlueMountains, ensuite de Dubbo où j’étais il y a 3 jours est superbe. Ensuite, pendant plus de 2 heures, nous survolons les déserts « purs et durs ». Quelques lignes droites infinies, et puis plus rien! Nature absolue? Du coté de Darwin, la nuit nous prend. Une nuit immense avec les dix heures de décalage horaire à remettre en place. Je reverrai le jour à Londres, vingt heures et 12 ou 13000kilomètres plus loin après une escale nocturne à Singapour.

  

7 Mars Tumut-Adaminabi 134km 2500mètres  Cols, hauts plateaux, émeus et kangourous

Je me lève (relativement tôt), j'enfile ce que je peux en petit dèj, et je pars. Un peu frisquet. L'étape pourrait être grande et longue, elle le sera. Les points de service sont rares. Rien avant Adaminabi. Sauf à faire des détours. A tout hasard j'emmène plus d'eau pour pouvoir bivouaquer. C'est parti, un fond de vallée. Il y a toujours beaucoup d'animaux morts en bord de route. Des kangourous bien sûr, mais aussi une belle tortue. Un peu plus loin dans les premières pentes je vois plusieurs émeus. Cousins des autruches. J'arrive à un immense lac de retenue, et surprise, les flancs de la montagne sont envahis de kangourous, bien vivants pour une fois. Des centaines. Il en faut pour compenser le massacre sur les routes. Très rigolo de voir leurs déplacements sautés à pieds joints. Il y en a un qui traverse devant moi et qui escalade le talus opposé. En quatre bonds pour avaler les huit/dix mètres du talus. Et puis les choses sérieuses commencent. J'avais été averti d'une montée sévère. En clair six kilomètres à dix pour cent. Point. Et ce n'est que le début. Cette montée permet d'atteindre des hauts plateaux et pendant les soixante kilomètres qui suivent, ce sera une succession de bosses avec pléthore de cols à mille quatre cents, mille cinq cents mètres d'altitude. Le vague point signalé pour un bivouac, n'est qu'un souvenir de camp de chercheurs d'or. Pas question d'y faire bivouac. J'espère toujours la descente qui me mènera à Adaminabi. Il n'y en aura pas, par contre il y aura plusieurs remontées qui sont un peu galère dans cette fin de longue étape. Et ce soir je serai encore sur les plateaux à onze cents mètres d'altitude. Au motel où je m'arrête, pour la première fois je rencontre des cyclos avec qui je peux un peu discuter.

8 Mars Adaminabi-Bredbo  89km 1000mètres  Journée sans histoire, 1ere vraie rencontre avec des cyclos

Réveil mollo. Petit dèj continental et je m'élance sur ces hauts plateaux. Je croyais être au bout. En fait, je vais faire encore cinquante kilomètres de ces plateaux avec beaucoup de bosses avant d'arriver à Cooma où je fais une halte doublement technique. Calorique, mais surtout choix d'itinéraire. Je choisi l'option "intérieure" qui me fera passer par Canberra au lieu de refaire une partie déjà visitée le long de la côte. J'arrive sans problème à Bredbo où j'espère trouver à me loger. Sinon c'est cinq heures de plus ou la tente dans un champ. Il y a un B&B qui m'accueille et en outre j'ai un couple de cyclos comme colocataires. Peu dire que j'ai passé une soirée délicieuse avec mes hôtes et mes collègues cyclos. En particulier nous avons abondamment testé les vins Australiens.

9 Mars Bredbo-Queanbeyan  87km 800mètres  Journée sans histoire, jambes lourdes des tests œnologiques

Petit dèj mitonné par Trish, sans se presser avec les confrères cyclos. Ils partent aussi vers Canberra où ils habitent et m'ont d'ailleurs cordialement invité. Je me méfie d'une deuxième soirée arrosée et préfère avancer sur ma route de retour. Très vite le vent se montre des mauvais jours et je rame comme un malheureux pour gagner chaque kilomètre. Pour ne rien arranger, il y a beaucoup de circulation sur une route pas bien large avec des épaulements vraiment gringalets. C'est assez souvent l'angoisse. Seul intérêt, les camions qui me doublent doivent me faire faire un bond en avant de plusieurs mètres. Les cadavres de kangourous sont légion. Pas grand chose pour égailler le paysage. Finalement, moral à plat, l'énergie idem je m'arrête dans la banlieue de Canberra. Demain sera un autre jour.

10 Mars Queanbeyan-Goulburn  94km 900mètres  Journée sans histoire, hauts plateaux, vent contre et triste voisinage

Comme souvent, le petit dèj se réduit à deux cafés crème bien sucrés. Cette fois j'avais prévu aussi un yaourt... Bien sucré. Démarrage en côte sur une grande route avec pas mal de circulation. D'une certaine manière, c'est un échauffement torride. Cela se calme assez vite par l'escapade vers une sorte d'itinéraire bis sur lequel je vais rester le reste de ma journée. Je passe une "caravane" à l'arrêt. Deux voitures qui accompagnent un coureur à pied qui a l'air de traverser l'Australie. Immenses plateaux à perte de vue avec comme d'habitude plein de montées et autant de descentes. Mais surtout un vent bien établi que je reçois dans le nez. Head wind. Un peu dure après toutes ces journées et je limite mes ambitions à atteindre Goulburn.  Quelque part je croise un marcheur avec son gros sac à dos. S'il cherche Santiago, il a du se paumer. Comme il tourne ostensiblement la tête vers la forêt, je le laisse à ses médiations. Curieuse journée. Je vais bientôt avoir vu plus de piétons que de cyclos! Très triste aussi de voir tous ces kangourous au bord de la route. En plus de les voir les cadavres dégagent une odeur fétide, avec le vent de face c'est un mur d'odeur qui annonce un cadavre sur le bas côté. Pour appesantir encore, je croise les restes de tortues, de lézards géants, tous victimes de la circulation pourtant bien faible. Un hôtel sympa fera mon étape à Goulburn et j'aurai quelques heures pour glander dans cette ville qui revendique avoir été la première ville édifiée loin des côtes.

11 Mars Goulburn-Wollongong   173km 1500mètres  Très grosse et belle journée

Je me fais mon petit dèj. Tout est à ma disposition. Ya qu'a. Et c'est parti. Deux petits cols pour mise en jambe. Il fait un peu gris mais ce n'est pas alarmant. Je suis encore et pour longtemps sur ce plateau qui n'en fini pas de monter et descendre. D'abord une grande route fréquentée mais avec bande cyclable, ensuite une route "touristique". C'est à dire plus pittoresque, moins de circulation, mais plus étroite avec un peu de vent contre en bonus. Un peu après Robertson, premier problème. Un col est fermé pour travaux je suppose. Cela veut dire déviation et rallonge alors que la journée commençait à être longue. Je visite. Enfin j'arrive sur les bords du plateau pour entamer une descente somptueuse dans une magnifique forêt d'eucalyptus. Il me reste à rallier Wollongong. Un ou deux petits cols, bienvenus à cette heure. Et quinze kilomètres sur autoroute. La bande de service est aménagée pour les cyclos. À Port Campbell cela se gâte. Viré de l'autoroute il faut me débrouiller. Et entre les zones industrielles, les baies sans fond, et autres, je me perds. Encore un peu de détours et de rallonge. Il me reste à traverser l’énorme ensemble sidérurgique avec son port, sa gare et ses accès. Tous déjà traversés il y a quelques semaines J'arrive quand même à Wollongong mais ce n'est pas tout à fait terminé. Fâché avec cette ville, les hôtels ne me plaisant pas, je continue encore un peu jusqu'au camping où j'avais passé ma première nuit Australienne il y a un mois. Le ressac va me bercer, les oiseaux me réveiller. Entre les deux, un peu de pluie, je suis dans mes plumes.

12 Mars Wollongong-Sydney   81km 900mètres  Beau terminal côtier, arrivée tip top à l'aéroport

Comme souvent, je pars "à sec". En route le long de la côte. Cela me change de l'itinéraire aller où j'avais du parcourir des plateaux sous la pluie et dans le brouillard. Une petite gargote calme enfin mon estomac. Les jambes par contre ont du mal. La journée de hier a laissé des traces. Pas bien grave et le petit vent de face ne gâche pas le plaisir de ce parcours sur le "Grand Pacific Drive" Il y a deux semaines j'étais sur le "Great Ocean Road". Cette fois là c'était l'Océan Indien. Je passe le tronçon très spectaculaire de la route suspendue entre mer et falaise et à partir de Stanwell Park cela commence à bien monter. La route s'éloigne de la mer pour passer dans un parc national forestier. Une nouvelle "rain forest". Et une magnifique route dans cette forêt, la Lady Wakehurst drive. Pas mal. J'ai de la chance d'avoir du sec, on sent une humidité "intense". La route par exemple est couverte d'une petite couche de mousse bien verte. Et la forêt, eucalyptus, palmiers divers, fougères en arbres est bien épaisse. Du côté de Waterfall je rejoins la "Princess Highway" que j'aurai beaucoup fréquentée. La voie de gauche est organisée et réservée aux vélos. Sur mes traces de l'aller, le vélo sent l'écurie.  Les kilomètres défilent, la ville approche. Un peu d'appréhension. Ce n'est pas mon terrain favori. Pour une fois, pas de problème. Il y a une piste cyclable pratiquement jusqu'à l'aéroport. Dernier avatar, le temps de chercher un carton pour mon vélo, je laisse bêtement mes bagages dans un coin. Au retour, ils avaient de la compagnie avec la sécurité qui m'a passé un bon savon mais n'est pas allée jusqu'à l'amende. Ouf.

Désormais, la suite de mon voyage se fera en voiture.